La SATOR, Société internationale d'Analyse de la TOpique Romanesque, est née du projet d'établir pour le roman français un thésaurus de topoi narratifs, des origines à 1800. La communauté internationale des spécialistes du roman français s'est réunie en 1986 pour définir les principes généraux et les grandes orientations de ce projet. Le programme scientifique a été conçu à partir d'une réflexion sur le concept de topos narratif.
Seront donc successivement présentés :
-- la définition du topos narratif et les objectifs littéraires du thésaurus topique
-- les moyens institutionnels : la société internationale SATOR et son Conseil scientifique
-- les moyens technologiques : le logiciel TOPOSATOR au service du projet et les directives méthodologiques
-- l'état présent du thésaurus et l'historique des acquis 1987-1996
-- le cahier des charges et le calendrier 1996 - an 2000
Ce programme, conçu pour être diffusé comme texte électronique et placé ultérieurement sur l'hypertoile W3, est un dossier de documents mobiles, modelable selon ses objectifs du moment par chaque Satorien -- après consultation du Conseil scientifique SATOR.
La tradition littéraire et la critique contemporaine ont donné au mot "topos" des acceptions fort diverses.
En une première acception, le topos ou "lieu commun" (calque du grec koinos topos et du latin locus communis) renvoie aux "modèles ou répertoires d'arguments généraux" en rhétorique ; il s'agit de la recherche systématique des circonstances qui permettent de développer un sujet, par exemple, comme l'ont établi Aristote, Cicéron et les rhéteurs, les questions : qui ? quoi? où ? comment ? pourquoi ? quand ?
Mais dans une acception aussi traditionnelle et très différente, le topos ou "lieu commun" (également calque du grec koinos topos et du latin locus communis) signifie "idée reçue" ou "poncif" ou "banalité" : ce lieu commun est de l'ordre des idées et de la pensée d'une époque -- sa doxa -- donc de l'ordre de l'"inventio", par exemple les arguments dits de "sagesse des nations" ou de "bon sens" du genre, "il faut respecter les cheveux blancs, ou les morts, ou ses parents", etc.).
Or ces acceptions sont toutes insatisfaisantes car le topos narratif ne peut se définir ni comme lieu rhétorique vide, ni comme poncif ou banalité. Pour pouvoir transposer cette notion utile mais polysémique dans le cadre de ses recherches sur les fictions narratives, SATOR institue et propose une définition spécifique, conceptuelle et opératoire, du topos narratif.
1 - Définition : le topos narratif est une configuration narrative récurrente d'éléments pertinents, thématiques ou formels.
a - Le topos, en tant que configuration ou combinatoire narrative, est un mini-canevas (ou mini-scénario) assez récurrent pour être perçu comme topique.
Le scénario ou le canevas (deux quasi-synonymes que rapprochent aussi leur origine italienne et leur application au théâtre), sont en effet fort proches du topos narratif : le terme "scénario" s'applique plutôt à la part de narrativité du théâtre et du cinéma, alors que "canevas" convient parfaitement pour désigner l'histoire résumée d'un roman.
Une différence importante toutefois : le scénario et le canevas désignent l'exposé descriptif de toutes les scènes qui composent l'ensemble de la pièce ou de la diégèse. En comparaison, le topos est une unité d'extension très restreinte : un canevas et un scénario peuvent contenir des dizaines de topoi narratifs. Autre différence fondamentale : le canevas et le scénario ne sont pas nécessairement récurrents.
Le Satorien est donc un "canevassier" : un découvreur de mini-canevas narratifs récurrents.
b - Le topos narratif se présente parfois comme "séquence narrative", parfois comme "micro-récit".
Les topoi "un paysan parvient à la noblesse et à la fortune" ou "un libertin est converti par l'amour" s'actualisent comme micro-récits, par exemple chez Marivaux et Laclos, parce que le lecteur ne peut les repérer qu'en rassemblant, pour leur donner sens, des informations narratives réparties tout au long de l'oeuvre.
La séquence, comme son étymologie l'indique, est un enchaînement où l'ordre des éléments est linéaire : le terme "séquence" ne saurait donc désigner le topos lorsqu'il est disséminé tout au long d'un roman. Par exemple, "un paysan parvient à la noblesse et à la fortune" ou "un libertin est converti par l'amour" sont des topoi mais ne sont pas des séquences puisque les éléments du topos sont disséminés dans l'ensemble du texte. En revanche "des amis font un festin dans un locus amoenus" est un topos du type "séquence narrative" puisqu'on le trouve sous la forme d'un enchaînement textuel (de quelques lignes à quelques pages suivies) qu'il structure en épisode narratif.
Un même topos peut s'actualiser dans les textes en micro-récit ou se concentrer en une séquence : par exemple le topos "Des amis tiennent de joyeux propos lors d'un banquet" est un micro-récit qui peut se repérer dans Le Banquet de Platon et dans Les Illustres Françaises de Robert Challe, ou bien il peut se condenser en séquence narrative d'un paragraphe dans l'épisode des paroles gelées du Quart Livre de Rabelais.
c) Le topos narratif donne une information narrative, au sens fort du mot "information" : il rend compte d'un événement diégétique ou narratologique. Il faut, dans la phrase exprimant le topos, un prédicat qui soit une action ou une information narratives, par exemple "dans un locus amoenus, une jeune fille vient rêver à celui qu'elle aime" ou "des amis font un festin dans un locus amoenus" ou encore "deux vieillards vivent heureux dans un locus amoenus". Le terme "locus amoenus" seul (présenté comme topos par Curtius) n'est pas un topos narratif pour SATOR, car il ne raconte rien, mais une catégorie topique qui rassemblera tous les topoi contenant ce terme. Le topos résume un événement : ce qui arrive dans la diégèse. A condition que ce narré soit d'une récurrence intertextuelle reconnue.
Autre exemple, le topos dénommé par commodité "la belle masquée" s'exprime par une phrase où entre nécessairement un verbe conjugué : "un personnage devient amoureux d'une femme spirituelle dont il ne peut voir le visage et qui, ensuite, se révèle belle"
d) Le topos satorien se définit par son degré élevé de particularité ou d'actualisation, le plus élevé possible à condition que ces particularités soient toutes récurrentes.
Par exemple la fonction propienne nommée "l'interdiction" = "on interdit quelque chose à quelqu'un" ne peut pas être utilement reçue comme topos narratif, pour cause de généralité ; mais elle recouvre de très nombreux topoi tels que : "le père interdit à sa fille d'épouser celui qu'elle aime", "une mère défend à sa fille de sortir de la maison", "des juges condamnent à l'exil l'amant qui a commis un rapt", "une fée ou un être surnaturel interdit au héros ou à l'héroïne de cueillir un fruit", etc. "Interdiction" pourra donc servir d'ensemble topique (ou catégorie topique ou topos générique) commode, mais n'est pas un topos narratif.
Au pôle opposé, une particularisation trop poussée, trop détaillée, supprime la récurrence ou réitération intertextuelle, composante essentielle du topos narratif ; ainsi des configurations narratives telles que "un veuf âgé et malade, de fortune moyenne, interdit à sa fille unique d'épouser un jeune noble de robe riche qu'elle aime" ou plus nettement encore "Dupuis interdit à sa fille Manon d'épouser Des Ronais", ne peuvent être reçues comme topoi satoriens, car leur particularisation poussée à des détails textuels les empêche d'être récurrentes.
Autrement dit, pour qu'un Satorien détermine jusqu'à quel degré de particularisation il peut situer le topos repéré, il lui faut et il lui suffit d'en estimer la récurrence.
Le topos narratif est donc un mini-scénario récurrent le plus détaillé possible, à condition que ses particularités soient toutes récurrentes.
Une particularité non récurrente doit être placée dans les "variantes" des occurrences textuelles du topos. Si les Satoriens constatent plus tard que l'une de ces variantes (par exemple la couleur des cheveux de la jeune fille ou le veuvage du père) se révèle récurrente et topique, un nouveau topos, intégrant cette variante comme toposème, sera créé.
e) Précisons que toute action verbale explicite du personnage qu'est un narrateur intradiégétique fait légitimement partie de l'action narrative, puisqu'il s'agit d'un narré et non d'une interprétation du lecteur :
"Le narrateur prétend avec humour qu'il ignore certains détails du récit qu'il raconte"
est un topos narratif aussi légitime que
"Un pirate vend l'héroïne comme esclave".
Ces composantes minimales du topos (narrateur, prétendre, ignorer, pirate, vendre, esclave) sont nommées "toposèmes". Les mots-outils ne sont pas des toposèmes.
2 - Notions voisines : il est parfois plus facile de comprendre ce que signifie un concept par ce qu'il ne signifie pas. SATOR doit s'interroger sur ces relations de bon voisinage pour les exploiter. Le topos narratif diffère des notions suivantes, avec lesquelles il présente cependant des affinités :
* Catégorie : la catégorie (l'adjuvant, l'opposant, le dénouement, le secret) est une notion commode qui permet de ranger en un même "tiroir" plusieurs topoi narratifs distincts.
* Citation : voir mention.
* Cliché : voir stéréotype
* Connotation : une occurrence de topos narratif en connote nécessairement d'autres : c'est une relation à des mentions antérieures, à d'autres lieux dans un autre texte. Le topos en tant que connotation littéraire assure une "dissémination (limitée) des sens, répandue comme une poussière d'or sur la surface apparente du texte" ou encore le "miroitement du texte", dit si joliment Barthes. Le topos-connotation fonde une littérature du signifié.
* Figure : la figure rhétorique -- la métaphore "ma flamme" -- peut devenir stéréotype puis cliché.
* Genre : le genre (la pastorale, le conte de fées) pourra être défini par ses enchaînements ou combinatoires de topoi.
* Intertexte : l'intertexte/intertextualité ou encore le dialogisme bakhtinien ou l'horizon d'attente sont des notions situées au-delà de celle de topos, mais en relation étroite avec lui : une occurrence textuelle de topos absorbe et transforme toutes les autres occurrences du même topos, donc est un intertexte. Mais un intertexte (un cliché ou une citation par exemple) n'est pas nécessairement topos.
* Leitmotiv : le leitmotiv (mot allemand signifiant en musique "motif dominant", motif "conducteur" caractéristique), accord ou fragment mélodique bref, a une fonction de rappel ou d'annonce, associé à un personnage, un thème ou un sentiment. On peut en faire un usage métaphorique pour décrire dans un texte une récurrence qui reste intra-textuelle, donc non topique -- et qui, de plus, n'est pas nécessairement narrative.
* Motif : le motif est une unité de sens inférieure au thème : le petit chien au bas d'un tableau s'inscrit dans le thème de la fidélité ; le motif du bateau s'inscrit dans le thème du voyage : le motif est plus concret que le thème, ce qui le rapproche du topos narratif, mais le motif n'est pas nécessairement narratif. Le motif peut aussi être l'intention dominante qui "meut'" le traitement d'un sujet, surtout dans les beaux-arts.
* Mention, citation : le texte où se manifeste une occurrence de topos cite, mentionne, les occurrences précédentes.
* Mythe : le mythe, la légende ou l'allusion culturelle rassemblent plusieurs topoi structurés en chaîne (voir les fonctions de TOPOSATOR ci-dessous). Par commodité, on peut dire que le mythe d'Adam est un topos narratif, sans oublier qu'il est composé de plusieurs topoi ("une femme curieuse pousse son époux à transgresser une interdiction", "un couple est chassé d'un locus amoenus pour punition d'avoir transgressé une interdiction", "sous l'apparence d'un animal, le diable tente une femme", etc.
* Mythème : le mythème (Lévi-Strauss) désigne la succession des événements au moyen des phrases les plus courtes possibles, chacune consistant dans l'assignation d'un prédicat et d'un sujet, chacune donc ayant la nature d'une relation. Ces "grosses" unités acquièrent fonction signifiante par leur relation avec d'autres.
* Patron, pattern : comme le scénario ou le canevas, ces notions absorbent celle de topos narratif qui est de fait patron, pattern, mini-scénario ou mini-canevas. Mais tout patron ou scénario n'est pas nécessairement topos narratif.
* Proverbe : maxime, proverbe et dicton -- curieuse ou bavarde comme une femme -- sont de l'ordre des stéréotypes ou clichés.
* Sème : les mots-clés composant la formule du topos sont des topo-sèmes. Le sème ne suffit pas à constituer un topos.
* Séquence : selon le code proaïrétique de Barthes, le texte narratif rassemble certaines informations sous un nom générique d'actions ou comportements (ex. Promenade, Assassinat) et c'est ce nom qui fait la séquence. Le topos narratif est beaucoup plus particularisé (ex. une femme fait assassiner son mari ou son amant par vengeance).
* Stéréotype : le stéréotype et le cliché désignent des procédés de style, locutions, figures ou expressions telles que "l'aurore aux doigts de rose", "un teint de lys et de roses", "belle comme le jour" ou "une gorge faite au tour" ; le cliché (ou stéréotype) ressortit à l'elocutio, concerne la formulation des idées, le style. La différence entre cliché et stéréotype est relative à l'évolution du goût et aux horizons d'attente socio-culturels : on dit "cliché" pour donner un sens péjoratif, pour désigner une expression dévalorisée qu'une autre collectivité accepte comme expressive et éclairante.
* Thème : le thème est le sujet général dont l'on parle : l'enfance, la maladie, l'honneur.
* Type : le type (l'avare, l'aubergiste), comme le mythe, doit être considéré comme topos catégorique rassemblant plusieurs topoi narratifs liés par leur sens.
Un topos narratif peut donc intégrer l'une de ces notions comme composante de sa combinatoire ; inversement, le thème, le type, le motif, le patron, le proverbe, la catégorie et le genre, comme le scénario et le canevas, peuvent rassembler ou générer plusieurs topoi.
Les topoi rassemblés par un même mot-clé (composante du topos dite toposème) peuvent constituer un ensemble topique : topique du secret, de la petite vérole, du dénouement heureux, etc. Un mot tel que "secret" peut donc avoir la double fonction de toposème ("deux amants se rencontrent en secret dans une chambre louée") et d'ensembles topiques (tous les topoi qui contiennent ce toposème "secret").
Le topos est une "valeur ajoutée" par induction au texte littéraire, où aucune machine ne pourra jamais l'isoler. Il y faut l'intuition culturelle, nourrie de vastes lectures, de plusieurs spécialistes qui le repèrent.
Les premiers repérages dans les textes produisent par induction un "topos supposé" ; il faut ensuite l'enquête collective, des fiches d'occurrences en nombre probant et une accréditation par SATOR qui viennent le "confirmer".
Toute définition qui n'inclut pas l'effet de lecture est vouée à l'échec. Les apports de la théorie de la réception devront être pris en compte.
Comme tout concept, celui de topos est un comprimé du savoir des experts. Le topos n'est ni une donnée factuelle objective, ni une catégorie abstraite, ni une hypothèse marquée de subjectivité individuelle, mais un institué culturel collectif, rigoureusement scientifique à ce titre.
Il appartient à l'histoire des formes et des thèmes romanesques. Il permet une réévaluation de l'histoire littéraire, à partir d'une meilleure connaissance des structures, formes et thèmes narratifs. La synthèse des occurrences textuelles d'un même topos ou d'un ensemble topique permet d'établir l'histoire des topoi : leur naissance, leur évolution, leurs modifications, leur disparition, leur résurrection, en remontant vers l'origine (lors de sa première apparition textuelle, le topos n'est évidemment pas encore topos mais création originale), ou bien, en sens inverse, en repérant ses parodies ; lorsqu'un topos est parodié ou subverti, il est établi comme tel dans la conscience esthétique collective.
Par exemple, pourquoi les topoi du masque abondent-ils avant 1730 et se font-ils plus rares dans la période 1730-1800 ? A côté des réponses concernant les changements des moeurs, on peut y voir un indice du passage du récit d'aventures et du roman héroïque au roman de moeurs qui se produit dans ces années-là.
Quels sont les éventuels enchaînements ou combinatoires de topoi narratifs d'une histoire tragique, d'un conte moral, d'un roman de moeurs ? Il sera possible aussi, en particulier pour les auteurs qui se sont exercés dans plusieurs genres, tels Marivaux, Lesage, Crébillon fils, Marmontel, Diderot, Madame de Genlis, d'étudier ce que deviennent ces topoi narratifs dans leur éventuel traitement théâtral.
Un tel thésaurus permettra de repenser l'histoire des genres littéraires.
Cela rejoint les travaux de romanciers contemporains, comme ceux de l'Oulipo, sur la nature combinatoire de l'écriture romanesque. En corollaire, les notions traditionnelles de source, d'influence, de courant, d'école, d'inspiration et d'originalité seront réexaminées. L'inventivité créatrice se nourrit de topoi narratifs, qui sont l'alphabet ou le dictionnaire des romanciers. En dressant leur inventaire, les chercheurs pourront l'étudier de façon mieux documentée.
Toute lecture est recréation relative à un lieu et un moment. Toute lecture est sélection d'éléments ensuite reconstruits pour leur donner sens. Tout romancier a d'abord été un lecteur et le reste en écrivant un récit.
fichier bibliographique, dictionnaire structuré en arborescence, outils de travail pour le chercheur littéraire.
conçu comme structuré par des topoi narratifs et non par des images statiques. Ce que permettra aussi le thésaurus, c'est de mieux articuler le rapport entre topoi fondamentaux et métaphores fondamentales, et de récupérer ce qu'on a laissé tomber en dissociant topos et motif.
Reconstituer l'histoire des topoi permet de remonter aux mythes et légendes, de distinguer les éléments permanents et les éléments évolutifs de la "raison narrative", faculté humaine maîtresse. Le thésaurus permettra de s'interroger sur le besoin essentiel en tout être d'écouter, de raconter ou de se raconter des histoires. La raison et le logos mêmes peuvent-ils se concevoir sans le muthos, sans enracinement dans le narratif ? Cette démarche réflexive pourrait aboutir du même mouvement à une vision anthropologique : Homo narrativus. Parce que raconter est le propre de l'homme.
n'est pas à négliger (ludus, selon sa double acception latine, Ecole et Jeu). Il peut servir d'outil d'appui à un atelier d'écriture romanesque. Comme document historique, il peut ouvrir des pistes pour explorer les realia et les mentalités d'un temps. Il peut servir à la découverte d'un auteur et d'un genre. Des étudiants de 2e et 3e cycles sont déjà associés à sa constitution. L'enseignement international du FLE y trouvera un outil linguistique et culturel.
Pour l'Ecole du XXIe siècle il faut préparer des media culturels informatisés. Le thésaurus est déjà et se confirmera comme outil pédagogique, conforme à la double finalité classique de toute instrumentation didactique : amuser et instruire.
1986. Une centaine de chercheurs internationaux, spécialistes de la formation du roman français des origines jusqu'au début du XIXe siècle, se constituent en société pour définir et atteindre leur objectif : le repérage et l'analyse des topoi narratifs, à rassembler en un thesaurus informatisé -- une banque de données spécifique adaptée aux besoins de littéraires.
A l'origine de cette initiative, un trio international : Nicole Boursier Canada, Eglal Henein USA et Henri Coulet France-Europe. Les statuts de la société ((déjà diffusés in extenso voici quelques semaines sur sator-L)) sont placés dans l'annexe I.
L'exploitation de centaines de fiches de topoi et de milliers de fiches d'occurrences textuelles ne peut en effet être menée par des méthodes traditionnelles. SATOR (Société internationale d'Analyse des TOpoi Romanesques) se fixe donc pour objectif un inventaire informatisé des topoi narratifs, des origines à 1800. Dès 1988 SATOR passe commande d'un logiciel spécifique à l'équipe topique de Montpellier III.
Un Colloque international annuel et le volume d'Actes correspondant scandent l'expérimentation du prototype, présenté à Fordham en 1989 pour la première fois. En dix ans, SATOR a organisé dix Colloques internationaux et publié huit volumes d'Actes, ce qui permet de faire chaque année le point sur l'avancée des connaissances et de prendre les décisions scientifiques. Le programme des colloques est fixé jusqu'en 1999 et plusieurs propositions ont déjà été enregistrées pour celui de l'an 2000 (Mexique, Italie, ENS Ulm, ou aillleurs ?). Depuis 1994, les échanges se multiplient par la messagerie électronique, les disquettes et télécopies - FAX, en plus des imprimés et du bulletin de liaison annuel.
: Nicole Boursier (Canada) présidente, Henri Coulet (France) président d'honneur, Denise Godwin (Afrique du Sud), Alain Niderst (France) et Marie-Hélène Chabut (Etats-Unis) vice-présidents, M. Weil (France) secrétaire général, Michel Bideaux (France) trésorier, Nicole Boursier trésorière (Amérique), Eric-Olivier Lochard (France) expert concepteur.
Nicole Boursier (Canada), Henri Coulet, Eglal Henein (Etats-Unis), Donna Kuizenga (Etats-Unis), Max Vernet (Canada), Nathalie Ferrand (France), Eric-Olivier Lochard, M. Weil. (Voir les détails ci-dessous en 2B).
Les listes des Satoriens et des Sator-listiens sont placées dans les annexes II et III.
Le Conseil scientifique est le garant de la conformité du thésaurus aux objectifs et au programme. Huit membres se répartissent le travail :
a) repérage et formulation par deux spécialistes au moins, selon le cahier des charges : c'est l'étape du topos supposé ou image topique (voir les détails ci-dessous, "directives méthodologiques") Toutes les propositions de topoi supposés (sauf double emploi ou non-pertinence manifestes constatés par un membre du Conseil scientifique) peuvent être placées sur TOPOSATOR expérimental pour contribuer à sa richesse informative. Elles seront distinguées du topos accrédité (ou confirmé) par une icône. Seuls les Toposatoriens accrédités par le Conseil scientifique ont accès à cette base.
b) ensuite, la validation par trois membres au moins (de deux pays différents au moins, dont un des responsables des bases centrales) du Conseil scientifique institue un topos confirmé. Le Conseil scientifique doit harmoniser les nouvelles propositions avec les résultats déjà obtenus. Il joue un rôle de comité de lecture, et d'éditeur des topoi. Le CS accrédite les topoi.
c) Le CS encourage et harmonise l'étude des topoi supposés ou images topiques par des chercheurs (thèses, stages, colloques) ou groupes de travail qui pourront les structurer en catégories topiques (ou topoi génériques ou topoi catégoriques, comme on voudra les appeler). Mais cette étape se situe au-delà de la constitution proprement dite du thésaurus.
Seuls les topoi accrédités par le Conseil scientifique seront les data du TOPOSATOR institutionnel, commercialisable.
Membres de 1988 à 1994 : Henri Coulet, Eric-Olivier Lochard (concepteur), Pierre Rodriguez et M. Weil.
Membres 1995-1996 : Nicole Boursier et Max Vernet (Canada), Eglal Henein et Donna Kuizenga (USA), Henri Coulet, Eric-Olivier Lochard (concepteur informaticien), Nathalie Ferrand et M. Weil (France). Nommés pour un an, rééligibles. C'est le président ou la présidente qui propose au Conseil d'administration la composition du nouveau Conseil scientifique international.
A partir de 1997, priorité sera donnée pour le renouvellement annuel du Conseil scientifique et du bureau aux Satoriens possèdant au moins l'une (de préférence deux) des trois caractéristiques suivantes :
a) utiliser TOPOSATOR, donc pouvoir recevoir/envoyer des documents export-import (par malle ou disquettes), seule façon désormais de concevoir la validation des saisies ; d'autant que TOPOSATOR IBM Windows est désormais opératoire.
b) avoir fait un stage pratique complet (= un ou deux jours) de TOPOSATOR, soit lors des colloques, soit dans un stage (à Montpellier ou dans les équipes, dont Toronto, qui vont se mettre en place dans d'autres pays sous la responsabilité d'experts en TOPOSATOR) ;
c) avoir une adresse de messagerie électronique et participer à sator-L
Exception sera faite pour notre président d'honneur Henri Coulet..
Enfin l'équilibre international du CS sera pris en considération, comme pour le bureau et le CA.
Deux temps forts ont rythmé la conception de TOPOSATOR, qui en garde deux statuts distincts : 1) c'est un logiciel, servant une base de données en cours de constitution, à usage des Satoriens qui y travaillent, encore expérimentale par certains aspects en 1996, mais 2) il contient déjà la base de données qui sera accréditée par le Conseil scientifique et publiable : TOPOSATOR institutionnel et commercialisable.
Dès mars 1988, SATOR constate au colloque de Toronto : "Plusieurs informaticiens affirment que l'informatisation de ces fiches est immédiatement et facilement réalisable". Certes.
Il était naïf pourtant de croire que TOPOSATOR servirait "seulement" à gérer des tâches traditionnelles (collection de fiches) : dès 1989, nous comprenons que sa puissance nous permet de redéfinir un projet scientifique beaucoup plus ambitieux, réellement neuf, en particulier grâce à
1) la syntaxe de la formule,
2) la combinatoire (enchaînements ou enchâssements) des macro-topoi.,
3) la circulation des documents import-export entre toutes les machines et bases de dizaines de Satoriens (par disquette ou Emalle)
(Projet à long terme : la machine permettra de passer immédiatement de la fiche d'occurrence au passage textuel indiqué par la référence, mais il faut que des centaines d'ouvrages soient saisis..)
Le prototype du logiciel nommé TOPOSATOR, permettant de réaliser la base de données, présenté au colloque de Fordham à New-York en juillet 1989, est amélioré durant six années d'expérimentation pour arriver à sa forme opératoire en 1995. Il a été conçu et réalisé par la collaboration étroite d'un informaticien concepteur et de littéraires, pour répondre aux besoins spécifiques des historiens et théoriciens du genre narratif, qui en attendent des fonctions. Puis la communauté internationale SATOR l'a expérimenté et amélioré.
Description fonctionnelle de TOPOSATOR
TOPOSATOR est à l'origine un outil informatique destiné à gérer une banque de topoi et adapté au traitement de ces données. Il est fondé sur la notion de "formulation topique", construction formelle qui permet de lier ses composantes (dites toposèmes) grâce à des relations : ce modèle est capable de représenter le topos repéré et formulé par les chercheurs.
Une fiche de topos comprend :
1) une brève dénomination (par commodité),
2) une phrase détaillée (pour la précision sémantique),
3) des mots-clés (nommés toposèmes) que gère l'ordinateur, ordonnés selon des normes de formulation syntaxique : la "formule".
Chaque toposatorien peut travailler librement sur sa base de données individuelle, mais il doit respecter les procédures pour enrichir la base centrale de ses apports.
Chaque fiche d'occurrence du topos comprend de plus :
4) des citations et/ou un résumé du texte où se situe l'occurrence,
5) la référence bibliographique à une édition désignée par le Conseil scientifique, sur proposition du ou de la spécialiste de l'auteur et du ou de la responsable du fichier "Ouvrages",
6) un commentaire personnel sur l'exploitation particulière du topos dans cette occurrence.
TOPOSATOR permet la saisie et la consultation de quatre fichiers, qui posent chacun des problèmes de formulation.
-- fichier des topoi,
-- fichier des occurrences,
-- fichier des ouvrages,
-- dictionnaire des toposèmes et de leurs synonymes.
S'y ajoute le fichier des rédacteurs de fiches.
La base de données se constitue par un travail international de "thésaurisation" de fiches. Une fois saisies, les données peuvent être consultées et éditées à la demande, suivant de multiples critères de tri et de combinaisons, ce que ne peut réaliser un thésaurus - livre traditionnel.
La plupart des rubriques des fiches sont remplies par simple traitement de texte.
Fichiers des topoi, des occurrences, des ouvrages
Ils sont en interdépendance : l'on peut circuler vite et facilement du topos à ses occurrences, d'une occurrence à l'ouvrage auquel elle renvoie, d'un des toposèmes à sa fiche. Les procédures de consultations et de recherches sont "confortables".
La fiche de topos constitue le topos au sens propre, synthétique et complexe. Le topos n'est ni la seule formule, ni la seule dénomination, ni la phrase, ni la somme de ses occurrences, mais la synthèse de toutes ces représentations topiques réunies sur la fiche accréditée par le conseil scientifique.
Chaque fiche porte également le nom de son ou de ses rédacteurs (les noms des rédacteurs sont également rassemblés dans un fichier) ; la date et le lieu de saisie s'inscrivent automatiquement.
Enfin, le logiciel apporte trois outils totalement nouveaux, inaccessibles aux thésaurus ou fichiers traditionnels :
1) l'enchâssement et l'emboîtement de topoi, réitérés autant de fois que nécessaire, sans limitation.
Les topoi peuvent en effet être gérés comme des toposèmes, traités comme unités sémantiques, ce qui permet d'emboîter (ou enchâsser) ou bien d'enchaîner, à volonté, des micro-topoi pour former des macro-topoi.
Les enchâssements offrent la procédure de particularisation : par exemple, le topos "fausse_confidence" peut être repris avec une fonction de toposème dans les topoi "fausse_confidence_stratégie_amoureuse"
et "fausse_confidence_à_ennemi",
ou "fausse_confidence_entre_femmes"
ou encore "fausse_confidence_entre_femmes_stratégie_amoureuse", etc., selon les demandes des chercheurs.
2) l'enchaînement offre la procédure de généralisation, capable de rendre compte des sous-genres narratifs. Le logiciel permettra de présenter en une formule tous les topoi du genre pastoral ou de l'histoire tragique ou du conte de fées, ce qui fera apparaître les séquences topiques communes ou distinctes de sous-genre à sous-genre. (Les topoi narratifs sont beaucoup plus nombreux, beaucoup plus particularisés et détaillés que les fonctions propiennes, mais le principe d'enchaînement est comparable).
Ces procédures vont donc au-delà des demandes traditionnelles des chercheurs. Leur complexité combinatoire ne pouvait se concevoir avant l'arrivée de l'outil informatique.
3) Enfin la circulation électronique de l'information par documents "import-export" TOPOSATOR permet aux chercheurs d'échanger leurs saisies directement d'un TOPOSATOR à un autre, sans passer par les envois "papier" ou par un traitement de texte. Pour ceux qui travaillent par échange de disquettes, le document exporté ou importé permet un travail plus efficace puisque ces procédures économisent toute saisie postérieure à celle du chercheur qui exporte son document.
Les procédures détaillées sont décrites dans le mode d'emploi accompagnant le logiciel.
Fichier des ouvrages
Fiche bibliographique Toposator
Sous l'autorité du Conseil scientifique, un responsable est désigné pour l'harmonisation et l'information concernant le fichier bibliographique des Ouvrages ((actuellement Magali Soulatges, dans le cadre scientifique du Centre d'études CNRS 1037 de Montpellier III)).
L'actuelle Fiche Ouvrage de Toposator sera conservée, moyennant quelques améliorations, et toujours accessible par le logiciel Toposator. Mais elle sera désormais "verrouillée", c'est-à-dire non révisable directement par le consultant de la base. La fiche détaillée sera envoyée sur demande, en document import-export Toposator ou en "sortie-papier".
Comment organiser la "nouvelle" Fiche Ouvrage ?
Six grandes rubriques sont à envisager.
I. Identification
Il ne s'agirait en fait que d'un numéro de série permettant l'identification de la fiche dans la base centralisée.
II. Références synthétique et bibliographique
1. Forme abrégée L'ouvrage est désigné par commodité, dans la référence de l'occurrence, par un titre abrégé (vingt caractères).
2. Auteur (de l'édition de travail)
3. Titre bibliographique (de l'édition de travail)
Sous cette rubrique serait consignée la référence bibliographique rédigée de l'ouvrage de référence considéré, référence directement utilisable dans une bibliographie rédigée (rédaction selon les normes AFNOR de présentation d'une bibliographie).
III. Références de l'édition de travail
1. Nom de l'éditeur
2. Année d'édition
3. Lieu d'édition
4. Nombre de volumes
5. Subdivisions proposées. Il s'agit là d'établir un système de repères commun à tous les Satoriens pour établir leurs références dans l'ouvrage considéré (subdivisions en chapitres, parties, livres, pages..).
IV. Références de la première édition connue
1. Nom de l'éditeur
2. Année d'édition
3. Lieu d'édition
4. Nombre de volumes
V. Espace de dialogue
Cette fenêtre, indépendante de la fiche bibliographique proprement dite, permettra à chacun de rajouter des informations sur l'ouvrage de référence.
Le chercheur vérifie d'abord, dans Toposator ou bien en consultant le responsable, si l'ouvrage sur lequel il va travailler a déjà sa fiche bibliographique. Il la consulte puis indique au Conseil scientifique les mises à jour, erreurs ou lacunes éventuelles.
Si la fiche n'existe pas, il la rédige en respectant les normes indiquées ci-dessus, puis la propose au Conseil scientifique qui doit l'accréditer après avoir consulté les autres spécialistes. Tous les TopoSatoriens en sont tenus régulièrement informés.
Le Conseil scientifique tiendra compte des éditions saisies sur ABU, ARTFEL et FRANTEXT (bases de textes saisis).
Tous les Toposatoriens doivent donc donner leurs références paginées à (aux) l'édition(s) accréditée(s) par le Conseil scientifique.
Toutefois, dans de nombreux cas, chapitres brefs (Roman comique, Gil Blas), histoires indépendantes ou intercalées (Heptaméron, Roman comique), contes brefs (Perrault), romans par lettres (Les Liaisons, La Nouvelle Héloïse), la pagination à une édition de référence n'est pas indispensable : il suffit d'indiquer avec précision la numérotation, tome, partie, chapitre, ou la date de la lettre, ou le numéro ou le titre de l'histoire ou du conte. Ce type de référence a le double avantage -- de laisser la liberté du choix de l'édition de travail -- et de ne jamais "vieillir". Mais dans les cas d'unités textuelles longues, il faut une référence bibliographique commune à tous les Toposatoriens.
Comment participer à la constitution de la base de données ?
La circulation électronique des documents "import-export" TOPOSATOR permet désormais aux chercheurs d'échanger leurs saisies directement d'un TOPOSATOR à un autre, sans passer par les envois "papier" ou par un traitement de texte. La procédure détaillée de l'import-export, avec photographies d'écran, est décrite dans le "Mode d'emploi" joint à TOPOSATOR.
Les échanges sont désormais possibles entre Toposator Mac et Toposator IBM- Windows.
Le chercheur doit envoyer (via Emalle ou disquette) son document TOPOSATOR en procédure "export" à l'un des membres du Conseil scientifique, qui le fera passer via Emalle à tous les autres après premier examen ; trois au moins des membres, de deux pays différents, doivent donner un avis favorable pour qu'il soit validé ; l'un de ces membres doit être l'un des responsables du thésaurus centralisé ; le document est alors ajouté électroniquement, en "import", à la base centrale de données.
Les deux bases centrales actuelles, de Toronto et de Montpellier (en attendant une troisième), s'échangeront immédiatement les nouvelles saisies pour rester strictement identiques.
Le problème à gérer le plus rigoureusement est celui du dictionnaire informatisé : les échanges de documents export-import ne sont possibles que si le lexique électronique TOPOSATOR est strictement le même sur les deux machines.
Une révision annuelle simultanée de tous les TOPOSATOR en service est donc nécessaire. Les bases centrales doivent chaque année, après validation des propositions par le Conseil scientifique, ajouter le nouveau vocabulaire (toposèmes et "synonymes") à TOPOSATOR. Les nouvelles disquettes seront alors diffusées à tous les propriétaires de TOPOSATOR.
Le Conseil scientifique SATOR doit être consulté sur toute demande d'utilisation de ce programme scientifique et du label ou du logo SATOR et TOPOSATOR.
Droits réservés TOPOSATOR.
Tout chercheur qui citera et utilisera les données contenues dans la base TOPOSATOR, y compris en traduction, est tenu de citer ses sources selon les normes de toute référence bibliographique traditionnelle, par exemple :
BOURSIER Nicole, topos du "couvent_asile", occurrences Scudéry du topos "couvent_asile", base de données informatisées TOPOSATOR, saisie Montpellier, 1992.
Tous les apports seront datés et signés de façon définitive dès qu'ils seront accrédités par la direction scientifique et intégrés à la base de données centrale.
Exactement comme pour une publication traditionnelle sur papier, le tiré à part des apports topiques est possible sur demande. La ou le président(e) et la (le) secrétaire général SATOR, conseillés par le Conseil scientifique, certifieront ces publications. Les chercheurs qui citeront et utiliseront les données TOPOSATOR devront en donner la référence bibliographique traditionnelle.
La direction scientifique, responsable de l'harmonisation des topos, se réserve toutefois le droit de fusionner deux topoi en un, ou d'en modifier un si les acquis nouveaux l'imposent,-- comme pour une nouvelle édition critique.
Ce protocole sera rappelé bien visiblement sur le mode d'emploi et en tête des data, sur disquette ou en sortie imprimée.
TOPOSATOR permet au chercheur consultant de construire avec précision l'objet de sa recherche.
Il permet l'impression ou l'édition des réponses, selon la mise en page et la combinatoire personnelles que définit chaque chercheur.
La puissance informatique (combinaison d'une mémoire infinie et de la rapidité électronique) ouvre sur des possibilités insoupçonnées par la recherche traditionnelle. Sans parler d'intelligence artificielle, notion vide de sens, il faut constater que les réponses données par la machine dépassent les connaissances du chercheur individuel.
4 -- Etat présent du thésaurus.
L'historique des acquis 1987-1996.
Données de la base au 8 mars 1996 :
610 topoi, 1660 occurrences de topoi, 220 ouvrages.
Quelques centaines de données sur fiches papier sont prêtes à être saisies après examen par le Conseil scientifique, selon le nouveau protocole décrit dans le présent programme. Les données déjà saisies devront être harmonisées, normalisées et accréditées en 1996 par le nouveau Conseil scientifique. (Ces très longues listes de data seront placées en annexes)
En dix ans, SATOR a publié huit volumes d'Actes de colloque. Deux autres sont sous presse. Le dépouillement thématique est placé en annexe.
Judith Spencer a traduit en anglais un article de présentation de TOPOSATOR et de SATOR déjà paru (Pierre Rodriguez et M. Weil, "Comment repérer et définir le topos ? ", Actes du colloque SATOR de Toronto, mars 1988, 157 pages, éd. Nicole Boursier et David Trott, La Naissance du Roman en France, Biblio 17, 1990, p. 123-137.).A paraître dans une revue américaine.
Pour la diffusion de la recherche de TOPOSATOR, SATOR a créé en décembre 1994, sur le serveur de l'Université Paul Valéry, une "liste d'abonnés" sur Internet, concernant le roman français d'avant 1800 et le logiciel TOPOSATOR. Dès le mois de mai 1995, plus de cent chercheurs sont inscrits sur cette "liste" et y travaillent. 34 abonnés des USA, 24 du Canada, 18 de France, 11 d'Angleterre, 6 d'Australie, et une dizaine de chercheurs, du Mexique, d'Europe et d'Afrique du Sud. Une page sur TOPOSATOR vient également d'être ouverte sur l'hypertoile (W3), sur internet, sur le site de l'université Paul Valéry.
a) Pierre Rodiguez travaille librement à la restructuration du dictionnaire. Le dossier sera présenté au Conseil scientifique (CS) en septembre 1996, puis éventuellement revu selon ses demandes. La nouvelle version TOPOSATOR intégrant le nouveau dictionnaire devrait être effectuée avant juin 1997, date du colloque-anniversaire et bilan.
b) SATOR confie à Magali Soulatges la restructuration de la fiche bibliographique dans le fichier Ouvrages (voir description ci-dessus et voir exemple et photographies d'écran). Le fichier Ouvrages déjà saisi (220 titres) sera mis en conformité avec la fiche modèle avant décembre 1997. La relation future de TOPOSATOR avec les éditions des textes saisis sur Frantext doit être prise en compte.
c) Répartition du dépouillement des textes 1996-1997 (Liste)
d) Constitution et édition d'une bibliographie critique sur le topos narratif et les notions voisines. Pour juin 1997. Max Vernet, membre du Conseil scientifique, prépare la synthèse sur la théorie du topos narratif.
a) L'achat du compilateur IBM Windows (dit progiciel) a absorbé le budget de deux ans, donc la cotisation est portée à 200 FF en 1996, demi-tarif pour étudiants. 200 FF ou 43 dollars US ou 58 dollars canadiens. Rappelons que l'achat du runtime et du logiciel vaut entre 1.500 et 2.000FF jusqu'à 1996 (plus cher en France qu'en Amérique...). En disposer enfin gratuitement est une révolution tranquille dans la vie de notre SATOR.
b) Colloques :
A paraître :
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La société SATOR vient d'acheter en mars 1996 le nouveau compilateur dit "progiciel" qui permet de reproduire en série le runtime 4D (lanceur ou clé 4e Dimension), le logiciel TOPOSATOR et la base de donnees du thésaurus, en un seul bloc enfin commode à installer et démarrer. Valant pour IBM Windows
Cela permettra à la fois de diffuser largement TOPOSATOR expérimental (les possesseurs doivent continuer à augmenter la base de donnees) et d'ici un an, d'éditer le thésaurus n° 2 que SATOR prépare pour Web (W3), puis, dans quatre ans, en CDROM.